Ce qu'il faut retenir
- Déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais contractuels (souvent 5 jours ouvrés), même si l'ampleur des dégâts n'est pas encore connue.
- Conservez toutes les preuves avant toute tentative de remise en état : captures d'écran, journaux système, e-mails reçus, matériels endommagés.
- Un prestataire informatique certifié peut produire un rapport technique qui constitue la pièce maîtresse de votre dossier d'indemnisation.
- La garantie "pertes d'exploitation" est distincte de la garantie "dommages matériels" : vérifiez que vous avez souscrit les deux avant de vous retrouver en situation de crise.
Face à un sinistre informatique, que faire pour activer votre assurance sans perdre de temps ni fragiliser votre dossier ? La réponse tient en deux actes : déclarer immédiatement le sinistre par écrit et sécuriser les preuves avant toute intervention de remise en état. Le reste, c'est une suite de démarches précises que cet article détaille étape par étape.
En résumé
- Un sinistre informatique couvre autant une cyberattaque qu'une panne matérielle, un dégât des eaux sur vos serveurs ou un incendie de salle informatique.
- La déclaration écrite à l'assureur doit intervenir dans le délai prévu au contrat, sous peine de déchéance de garantie.
- Le rapport technique d'un prestataire informatique indépendant est souvent exigé pour justifier le montant du préjudice.
- La continuité d'activité dépend d'un plan de reprise préparé à l'avance, pas d'une improvisation le jour J.
- Certaines polices excluent explicitement les erreurs humaines ou les attaques internes : lisez les exclusions avant la crise.
Ce que couvre réellement votre assurance en cas de sinistre informatique
Avant de savoir quoi faire, il faut savoir ce que l'assurance prend en charge. Les contrats varient considérablement d'un assureur à l'autre, mais on retrouve généralement trois familles de garanties.
| Type de garantie | Ce qu'elle couvre | Ce qu'elle exclut souvent |
|---|---|---|
| Dommages matériels | Remplacement ou réparation du matériel (serveurs, postes, réseau) | Matériel vétuste, panne d'origine électrique sans surtension prouvée |
| Pertes d'exploitation | Manque à gagner pendant l'indisponibilité des systèmes | Délai de carence non écoulé, secteurs d'activité exclus |
| Cyberrisques | Rançongiciel, fuite de données, frais de notification RGPD | Erreur humaine volontaire, attaque interne, infrastructure non à jour |
| Responsabilité civile professionnelle | Préjudice causé à un tiers par défaillance de votre système | Préjudice intentionnel, sous-traitants non déclarés |
Lisez les exclusions de votre contrat aujourd'hui, pas le soir du sinistre. Si vous avez un doute, demandez à votre courtier un tableau des garanties rédigé en langage clair.
Les premières heures après un sinistre informatique : que faire en priorité
Les premières heures sont décisives, autant pour contenir les dégâts que pour construire votre dossier d'indemnisation. Voici la séquence à respecter.
Isoler et documenter avant d'intervenir
Si vous subissez une cyberattaque, déconnectez les machines compromises du réseau sans les éteindre : les preuves volatiles (mémoire vive, journaux actifs) disparaissent à l'extinction. Prenez des photos, des captures d'écran horodatées, notez l'heure de découverte. Pour un sinistre physique (incendie, dégât des eaux), ne touchez à rien avant le passage éventuel d'un expert mandaté par l'assureur.
Prévenir les personnes clés dans l'heure
- Votre prestataire informatique ou responsable DSI interne
- Votre assureur ou courtier, par e-mail avec accusé de réception
- Si des données personnelles sont compromises, la CNIL dans les 72 heures (obligation RGPD)
- Si une fraude est suspectée, le commissariat pour dépôt de plainte
La déclaration de sinistre informatique auprès de l'assurance : mode d'emploi
La déclaration doit être faite par écrit, de préférence en recommandé électronique ou postal avec accusé de réception. Mentionnez : la date et l'heure de découverte, la nature des dommages constatés, les systèmes ou données affectés, et les mesures conservatoires déjà prises. N'attendez pas d'avoir une évaluation complète du préjudice : déclarez d'abord, précisez ensuite. La plupart des contrats prévoient un délai de déclaration de cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre. Passé ce délai, l'assureur peut opposer une déchéance de garantie, même si le sinistre est réel.
Le rôle du prestataire informatique dans votre dossier sinistre
Un bon prestataire informatique ne se contente pas de remettre vos systèmes en état : il produit un rapport d'intervention détaillé qui devient la colonne vertébrale de votre dossier d'indemnisation. Ce rapport doit décrire l'origine probable du sinistre, l'étendue des dommages (matériels et logiciels), les données perdues ou compromises, et le temps de travail engagé pour la remise en état.
Si vous n'avez pas encore de prestataire de confiance, c'est le moment de consulter le classement des meilleurs prestataires informatiques ou de comparer les prestataires informatiques de votre ville. Un partenaire habitué aux procédures d'assurance saura rédiger ce rapport dans le format attendu par les experts mandatés.
Sinistre informatique et assurance : les erreurs qui font perdre l'indemnisation
Plusieurs comportements réflexes peuvent, sans mauvaise intention, fragiliser votre dossier de manière irrémédiable.
- Formater ou réinstaller les machines avant l'expertise : vous effacez les preuves que l'expert aurait besoin d'analyser.
- Déclarer le sinistre verbalement sans trace écrite : l'assureur peut contester la date de déclaration.
- Sous-estimer le préjudice dans la déclaration initiale : une réévaluation tardive est souvent mal accueillie.
- Oublier les frais indirects (heures de travail du personnel mobilisé, perte de clientèle) qui sont pourtant parfois indemnisables.
Préparer la reprise d'activité après un sinistre informatique
L'indemnisation règle le passé ; la reprise d'activité, elle, se prépare avant le sinistre. Un plan de reprise d'activité (PRA) ou un plan de continuité d'activité (PCA) définit à l'avance quels systèmes relancer en premier, où sont stockées les sauvegardes et qui prend quelle décision. Sans ce document, vous improvisez sous pression, avec des coûts en forte hausse et des délais allongés.
Pour en savoir plus sur la manière de cadrer votre prestataire sur ces sujets, consultez nos articles sur le blog dédié aux PME. Vous y trouverez notamment des guides sur les sauvegardes et la continuité d'activité.
Comment choisir le bon prestataire informatique pour gérer un sinistre
Tous les prestataires ne sont pas équipés pour intervenir en contexte de crise. Lors de votre sélection, vérifiez qu'ils disposent d'une astreinte téléphonique, d'une expérience documentée en réponse à incident, et qu'ils sont capables de rédiger un rapport technique conforme aux exigences des assureurs. Un prestataire habitué aux sinistres saura aussi vous orienter vers un expert en cybersécurité si la situation l'exige. Avant de vous engager, comparez les offres disponibles sur notre page prestataires informatiques.
FAQ : sinistre informatique et assurance
Mon assurance couvre-t-elle un ransomware si mes sauvegardes n'étaient pas à jour ?
Cela dépend des conditions particulières de votre contrat. Certains assureurs introduisent une clause de "diligence raisonnable" qui exige des sauvegardes régulières et des mises à jour de sécurité à jour. Si ces obligations n'ont pas été respectées, l'indemnisation peut être réduite, voire refusée. Relisez la section "obligations de l'assuré" de votre police avant toute crise.
Puis-je faire appel à n'importe quel prestataire informatique pour la remise en état, ou l'assureur impose-t-il le sien ?
En principe, vous êtes libre de choisir votre prestataire pour la remise en état. L'assureur peut mandater un expert pour évaluer le préjudice, mais il ne peut pas vous imposer le réparateur. En revanche, si vous intervenez avant le passage de l'expert sans accord préalable, l'assureur pourrait contester certains postes de la facture. Privilégiez toujours la communication écrite préalable avec votre assureur avant d'engager des frais significatifs.
Le dépôt de plainte est-il obligatoire pour être indemnisé d'une cyberattaque ?
Il n'est pas systématiquement obligatoire, mais la quasi-totalité des assureurs le demandent comme pièce justificative dans les dossiers de cyberattaque. Le dépôt de plainte, effectué auprès du commissariat ou de la gendarmerie, atteste du caractère délictueux de l'acte et sécurise votre dossier. Depuis 2023, certaines polices cyber le rendent explicitement obligatoire pour déclencher l'indemnisation.