La comparaison la plus fréquente est aussi la plus trompeuse : mettre en face un salaire mensuel et une facture d'infogérance. Ces deux montants ne recouvrent pas les mêmes choses. Un technicien interne coûte son salaire chargé, mais aussi son poste de travail, ses outils, sa formation continue, et il n'est présent ni pendant ses congés ni pendant ses absences.
Le bon calcul consiste à comparer deux coûts complets sur une année entière, puis à confronter le résultat à vos contraintes réelles de présence, de criticité et de spécificité applicative. Selon les cas, la réponse penche d'un côté ou de l'autre, et très souvent vers un modèle mixte.
En résumé
- Comparer un salaire à une facture fausse le raisonnement : il faut confronter deux coûts complets sur douze mois.
- Un technicien unique ne peut couvrir ni tout le spectre des compétences ni toutes les plages horaires nécessaires.
- L'interne l'emporte sur la connaissance du métier et la présence physique quotidienne.
- L'externe l'emporte sur la continuité de service, la profondeur technique et la capacité à absorber les pics.
- Le modèle mixte, un référent interne appuyé par un prestataire, convient à beaucoup de PME en croissance.
Ce que vous comparez réellement
Un technicien interne et un contrat d'infogérance ne rendent pas le même service. Le premier apporte une présence, une connaissance intime de vos usages et une capacité à traiter immédiatement les petites choses qui agacent vos équipes. Le second apporte une organisation : plusieurs personnes, des compétences complémentaires, des outils de supervision mutualisés et une continuité qui ne dépend pas d'un individu.
La question n'est donc pas de savoir lequel est le moins cher, mais lequel répond à ce que votre entreprise ne peut pas se permettre de perdre. Une entreprise dont l'activité s'arrête si un serveur tombe n'a pas les mêmes besoins qu'une entreprise dont les salariés peuvent travailler une demi-journée sans réseau.
Les postes de coût d'un technicien interne
Le coût employeur complet
Au salaire brut s'ajoutent les cotisations patronales, la mutuelle, les tickets restaurant éventuels, la médecine du travail et les diverses contributions. S'y ajoutent ensuite le poste de travail, le téléphone, le véhicule si des déplacements sont nécessaires, et les outils logiciels dont un informaticien a besoin pour travailler correctement. Les règles applicables à l'embauche et aux obligations de l'employeur sont récapitulées sur le portail entreprendre du service public.
Le coût de l'indisponibilité
C'est le poste le plus souvent oublié. Congés, jours fériés, arrêts maladie, formations : sur une année, un salarié est absent une partie non négligeable du temps. Pendant ces périodes, qui traite les incidents. Si la réponse est personne, votre continuité repose sur la chance. Si la réponse est un prestataire de secours, il faut ajouter son coût au calcul.
Le coût de la montée en compétences
L'informatique d'entreprise couvre les postes de travail, les serveurs, le réseau, la messagerie, la sauvegarde, la sécurité et les applications métier. Aucun profil ne maîtrise l'ensemble à un niveau expert. Un technicien interne devra se former en continu, et vous devrez tout de même faire appel à des spécialistes pour certains sujets, notamment la sécurité, traitée dans nos contenus sur la cybersécurité en PME.
| Critère | Technicien interne | Prestataire d'infogérance |
|---|---|---|
| Nature du coût | Salaire chargé, poste de travail, outils, formation | Facture contractuelle, révisable selon le périmètre |
| Disponibilité | Présent aux horaires de travail, absent en congés et arrêts | Équipe mutualisée, continuité assurée par le contrat |
| Étendue des compétences | Un profil, nécessairement limité sur certains domaines | Plusieurs spécialités mobilisables selon le besoin |
| Connaissance du métier | Excellente, acquise au quotidien auprès des équipes | À construire, dépend de la stabilité des interlocuteurs |
| Présence sur site | Immédiate, sans formalité | Selon les engagements contractuels et la distance |
| Pics de charge et projets | Saturation rapide, arbitrages permanents | Renforts mobilisables sur devis |
Les situations où l'interne l'emporte
Trois configurations rendent le recrutement pertinent. La première est le besoin de présence physique quotidienne : ateliers, chaînes de production, postes industriels, matériel spécifique nécessitant des manipulations fréquentes. Aucun contrat d'infogérance ne remplace quelqu'un qui traverse le couloir.
La deuxième est la spécificité applicative forte. Si votre activité repose sur un logiciel développé pour vous ou fortement paramétré, la connaissance accumulée par une personne dédiée devient un actif difficile à externaliser. La troisième est le volume : à partir d'un certain nombre d'utilisateurs et de sollicitations, la charge de travail justifie à elle seule un poste, et la gestion du parc devient un métier à temps plein, comme le montrent nos contenus sur la gestion du parc matériel.
Les situations où l'externe l'emporte
À l'inverse, l'infogérance s'impose quand la continuité prime. Une équipe absorbe les congés et les arrêts, un individu non. Elle s'impose aussi quand vos besoins couvrent des domaines très différents, sécurité, sauvegarde, réseau, messagerie collaborative, puisque vous accédez à plusieurs spécialités au lieu d'un seul profil.
Elle s'impose enfin quand votre infrastructure est majoritairement hébergée à l'extérieur. Une entreprise dont la messagerie, la bureautique et les applications sont dans le cloud a moins besoin d'une présence sur site que d'une administration rigoureuse des accès et des droits, sujet développé dans nos contenus sur le cloud collaboratif.
Le modèle mixte, souvent le plus juste
Beaucoup de PME finissent par combiner les deux, et ce n'est pas un compromis mou. Le partage le plus courant confie à l'interne la relation quotidienne avec les utilisateurs, la gestion du matériel et la connaissance des applications métier, et au prestataire l'infrastructure, la sécurité, la sauvegarde, l'astreinte et les projets.
Ce modèle a deux conditions de réussite. La première est un partage écrit des responsabilités : sans document, chacun suppose que l'autre s'occupe du sujet, et les sauvegardes finissent par n'être vérifiées par personne. La seconde est un accès partagé aux outils de supervision, faute de quoi votre salarié travaille à l'aveugle sur une partie du parc.
La méthode de calcul à appliquer chez vous
Procédez en quatre étapes. Chiffrez d'abord le coût employeur complet d'un technicien sur douze mois, en y ajoutant le poste de travail, les outils et la formation. Ajoutez ensuite le coût de la couverture pendant les absences, même sous forme d'un contrat de secours réduit. Recensez en parallèle les compétences que ce technicien ne couvrira pas et estimez le recours à des spécialistes.
Comparez enfin ce total au montant d'une infogérance couvrant le même périmètre, en veillant à ce que les deux options incluent bien les mêmes prestations. Si l'écart est faible, la décision se joue sur vos contraintes de présence et de criticité, pas sur le budget. Pour obtenir des propositions comparables, appuyez-vous sur notre annuaire des prestataires par ville et sur les critères détaillés dans nos contenus sur le choix d'un prestataire.